Les Guenilles de Ma Grand-Mère : La Véritable Recette Moelleuse des Beignets de Carnaval d’Auvergne

Matilda Parizeau

août 29, 2026

Les guenilles de ma grand‑mère en bref

  • 🧑‍🍳 Beignets de Carnaval typiques de l’Auvergne, également connus sous le nom de bugnes dans d’autres régions.
  • 📜 Recette ancestrale : 500 g de farine, 250 g de sucre, 5 œufs, levure chimique, rhum (ou zeste / fleur d’oranger), beurre salé.
  • ⏳ Pâte reposée 1 à 2 heures, étalée à ½ cm, découpée en rectangles fendus, puis frite jusqu’à obtenir une robe dorée.
  • ❄️ Saupoudrées généreusement de sucre glace, elles se dévorent tièdes, à peine sorties du bain d’huile.
  • ✨ Le secret bien gardé : utiliser du beurre salé et ne jamais précipiter le repos de la pâte pour une texture à la fois ferme et moelleuse.

Qu’est‑ce que les guenilles d’Auvergne ?

Les guenilles sont des beignets de Carnaval emblématiques de l’Auvergne, reconnaissables à leur pâte levée, fine et ondulée, frite jusqu’à devenir croustillante et dorée. Leur nom évoque ces chiffons froissés – les « guenilles » en vieux français – un clin d’œil à leur forme volontairement rustique. Dans le Massif central, chaque famille transmet sa propre recette, souvent jalousement gardée par les grands‑mères, et c’est précisément celle de ma grand‑mère que je vous révèle aujourd’hui, avec ses ingrédients simples et ses gestes immuables.

Contrairement à d’autres beignets de saison, la guenille auvergnate se distingue par une texture moelleuse à cœur et légèrement croustillante en surface. Elle se savoure à l’occasion de Mardi Gras, où elle réunit petits et grands autour de la bassine de friture. Le secret ? Un équilibre précis entre farine, œufs, matière grasse et un temps de repos que les anciennes respectaient à la minute près.

Pourquoi appelle‑t‑on ces beignets des « guenilles » ?

Le mot « guenille » renvoie à l’ancien français guenille, qui désignait un chiffon ou une harde. En Auvergne, on a conservé cette appellation imagée pour décrire les lanières de pâte irrégulières qui gondolent dans l’huile bouillante et prennent un aspect froissé. C’est une manière rustique et tendre de nommer ces douceurs, comme pour rappeler qu’elles sont nées dans les cuisines modestes, avec les moyens du bord.

Cette dénomination régionale fait sourire, mais elle est profondément ancrée dans le terroir. Dans les foires et les fêtes de village, on entend encore les anciens commander « des guenilles bien dodues » au stand de beignets. Ailleurs, on parlera de bugnes, de merveilles ou de bottereaux, chaque région ayant son propre petit nom, mais le lien avec le Carnaval reste universel.

La recette des guenilles de ma grand‑mère

La recette que je tiens de ma grand‑mère n’a jamais été écrite noir sur blanc jusqu’à ce qu’un jour, sur un forum, une internaute demande des précisions. Voici la version authentique des guenilles d’Auvergne, sans fioritures, comme ma mamie la préparait chaque hiver :

  • 500 g de farine tamisée
  • 250 g de sucre en poudre (oui, c’est généreux !)
  • 5 œufs entiers, à température ambiante
  • 1 sachet de levure chimique (environ 11 g)
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 cuillère à soupe de rhum (ou zeste de citron, ou fleur d’oranger)
  • Beurre salé (environ 30 g fondu dans la pâte) ou, à défaut, une pincée de sel ajoutée si vous utilisez du beurre doux

Dans un grand saladier, on mélange la farine, le sucre, la levure et le sucre vanillé. On creuse un puits, on y casse les œufs, on ajoute le parfum choisi (rhum, zestes ou fleur d’oranger) et le beurre fondu tiède. On pétrit la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse et homogène. On la couvre d’un torchon propre et on la laisse reposer 1 à 2 heures à température ambiante – c’est l’étape qui fait toute la différence.

Ensuite, on farine légèrement le plan de travail et on étale la pâte au rouleau sur une épaisseur d’environ ½ centimètre. On découpe des rectangles, on pratique une fente au centre de chacun (la fameuse « oreille »), puis on plonge les guenilles dans une huile de friture à 170 °C, par petites fournées, jusqu’à ce qu’elles soient dorées des deux côtés. On les égoutte sur du papier absorbant avant de les saupoudrer généreusement de sucre glace.

les guenilles de ma grand mère

💬 Le secret de polichinelle – Ma grand‑mère souriait quand on lui demandait sa recette : « les secrets, c’est pour les polichinels, je donne tout avec bon cœur ». Elle insistait toujours sur les 5 œufs, qui apportent ce moelleux incomparable, et sur le beurre salé qui relève la pâte sans effort. À bon entendeur…

Vous pouvez visualiser la technique de pliage et la cuisson dans la vidéo ci‑dessus : même si elle porte sur des bugnes lyonnaises, les gestes sont identiques. L’important, c’est le coup de main que l’on acquiert au fil des fournées.

Bugnes, merveilles, oreillettes… quelles différences avec les guenilles ?

La grande famille des beignets de Carnaval change de nom selon les régions : on parle de bugnes à Lyon, de merveilles dans le Bordelais, de bottereaux à Nantes, d’oreillettes en Provence et de guenilles en Auvergne. Derrière ces appellations, les recettes sont cousines, mais chaque terroir a sa touche personnelle.

Selon une discussion sur un forum de cuisine, les bugnes sont plus légères et aériennes, tandis que les guenilles sont « fermes et moelleuses en même temps ». En effet, l’épaisseur de pâte de ½ centimètre donne aux guenilles une mâche généreuse que n’ont pas les fines bugnes lyonnaises. Dans le Sud‑Ouest, les merveilles sont souvent plus fines encore, parfois saupoudrées de sucre semoule plutôt que de sucre glace. Quant aux bottereaux nantais, ils intègrent parfois de la bière dans la pâte, ce qui leur confère une légèreté différente – mais leur forme en losange ou en rectangle reste proche des guenilles.

Ce qui fait la singularité de la guenille auvergnate, c’est ce cœur moelleux obtenu par le temps de repos et l’épaisseur de la pâte. Une bugne doit croquer, une guenille doit fondre. Et dans les deux cas, la tradition du Carnaval unit toutes ces gourmandises.

Quand et pourquoi déguste‑t‑on les guenilles traditionnellement ?

Les guenilles, comme les merveilles ou les bugnes, se dégustent pendant la période de Carnaval, autour de Mardi Gras. Historiquement, il s’agissait d’épuiser les réserves d’œufs, de beurre et de sucre avant le Carême, ces quarante jours de jeûne. Aujourd’hui, c’est un moment de fête où les enfants aident à découper la pâte et surveillent la friture avec impatience.

Chez ma grand‑mère, on préparait de grosses fournées le samedi précédant Mardi Gras, et les guenilles disparaissaient bien avant le mercredi des Cendres. Le rituel était immuable : la cuisine embaumait le sucre vanillé et l’huile chaude, et chacun se brûlait les doigts en goûtant la première guenille tout juste sortie de l’huile. Un souvenir d’enfance qui, chaque année, se ravive dès les premiers jours de février.

Les astuces de ma grand‑mère pour des guenilles parfaites, gonflées et moelleuses

Pour obtenir des guenilles bien gonflées et moelleuses, il faut respecter quelques gestes simples : laisser reposer la pâte 1 à 2 heures, étaler à ½ cm d’épaisseur, et ne pas surcharger la friture.

Voici les conseils que ma mamie répétait chaque année :

  • 🍞 La levure chimique doit être bien répartie dans la farine pour une levée homogène.
  • Le temps de repos n’est pas négociable : il permet au gluten de se détendre et à la pâte de gagner en élasticité, ce qui facilitera le gonflement à la cuisson.
  • 📏 L’épaisseur de ½ centimètre est idéale. Plus fine, la guenille serait trop cassante ; plus épaisse, elle gonflerait mal et deviendrait pâteuse.
  • 🥄 Le beurre salé (ou la pincée de sel) relève la saveur et donne du caractère à la pâte. Si vous utilisez du beurre doux, n’oubliez pas ce petit geste.
  • 🔥 L’huile à 170 °C : trop chaude, la guenille brunit sans cuire à cœur ; trop froide, elle absorbe l’huile et devient grasse. Testez avec un morceau de pâte : il doit remonter en crépitant aussitôt.
  • 🧻 Égouttez soigneusement sur du papier absorbant avant de saupoudrer de sucre glace, pour qu’il adhère sans fondre.

Enfin, une astuce que peu de personnes connaissent : ma grand‑mère ajoutait parfois une cuillerée à soupe de sucre glace dans la pâte, en plus du sucre en poudre, ce qui renforçait le moelleux et caramélisait légèrement la surface à la cuisson. Un petit plus qui faisait toute la différence.

Quelle ville est la capitale des bugnes, et les guenilles dans tout ça ?

Lyon et Saint‑Étienne se disputent le titre de capitale des bugnes. À Lyon, les bugnes sont fines, légères, enrobées de sucre glace ; à Saint‑Étienne, elles sont plus épaisses, avec une mie plus dense. Mais les guenilles, quant à elles, n’ont pas de « capitale » officielle : elles sont le fleuron de l’Auvergne rurale, et particulièrement de la région de Thiers, où l’on perpétue la tradition avec fierté.

On parle d’ailleurs de guenilles de Thiers comme d’une variété locale à la notoriété grandissante. Dans cette ville coutelière, les guenilles sont préparées selon des recettes familiales souvent transmises de mère en fille, et l’on trouve même des ateliers où les enfants apprennent à façonner la pâte pendant les vacances de février. La différence avec les bugnes stéphanoises voisines réside surtout dans l’utilisation quasi systématique de beurre salé et dans la forme en rectangle irrégulier, plus rustique que la losange régulière des bugnes du Forez.

Variations autour de la recette de grand‑mère : rhum, fleur d’oranger ou zeste de citron ?

La recette de base s’enrichit facilement selon les goûts et les souvenirs olfactifs de chacun. Une cuillère à soupe de rhum apporte une note chaude et ronde qui rappelle les beignets des fêtes foraines. Le zeste de citron râpé offre une fraîcheur bienvenue, surtout quand on prévoit de grandes quantités. La fleur d’oranger, elle, évoque immédiatement les bugnes du Midi et les douceurs orientales.

Vous pouvez tout à fait remplacer le rhum par de l’extrait de vanille liquide ou de l’eau de vie (prune, kirsch) selon vos préférences. Certaines grands‑mères auvergnates n’hésitent pas à parfumer la pâte avec un peu de rhum arrangé maison, ce qui ajoute une complexité gustative surprenante. L’important est de ne pas noyer la saveur de la pâte : une cuillère à soupe de parfum pour 500 g de farine suffit amplement.

Enfin, rien ne vous empêche d’incorporer une demie-cuillère à café de cannelle dans le sucre glace de finition, pour un goût légèrement épicé qui se marie à merveille avec la chaleur de la friture. À tester lors de votre prochain Mardi Gras !

✨ Mon verdict

Les guenilles de ma grand‑mère incarnent bien plus qu’une simple recette. Elles racontent l’histoire d’une région, d’un terroir où l’on prend le temps de faire reposer la pâte, de choisir un bon beurre salé et de partager la friture avec ceux qu’on aime. La recette que je vous ai transmise n’est pas figée : elle vit, s’adapte aux parfums que vous préférez et se transmet à son tour, de tablier en tablier.

Les trois points qui, selon moi, font vraiment la différence :

  • Les 5 œufs – ils apportent une tenue et un moelleux incomparables, comme le rappelait ma mamie sur les forums.
  • Le repos de la pâte – une à deux heures que vous pouvez mettre à profit pour préparer le sucre glace et surveiller l’huile.
  • Le beurre salé – ce petit grain de sel qui relève la douceur sucrée sans qu’on sache vraiment pourquoi.

Alors, à l’approche du Carnaval 2026, osez sortir la bassine et invitez vos enfants à découper les rectangles : vous verrez, la magie opère à chaque fournée. Et vous, avez‑vous un secret de famille pour les beignets ? Racontez‑le en commentaire, je serais ravie d’échanger avec d’autres passionné(e)s de cuisine auvergnate.

❓ Questions fréquentes sur les guenilles

Quelle est la différence entre les bottereaux et les merveilles ?

Les bottereaux sont les beignets de carnaval traditionnels de Nantes et de l’ouest de la France, souvent préparés avec une pâte enrichie de beurre et parfois de bière. Les merveilles désignent les mêmes beignets dans le Sud‑Ouest, notamment à Bordeaux. La recette est très similaire, mais les merveilles sont généralement plus fines et croustillantes, tandis que les bottereaux peuvent être légèrement plus épais. Les deux se dégustent saupoudrés de sucre glace pendant Mardi Gras. Cette diversité régionale illustre la richesse du patrimoine culinaire français. Voir la discussion sur aufeminin.

Les guenilles de Thiers, une spécialité locale ?

Oui, les guenilles sont intimement liées à la ville de Thiers et à la région d’Auvergne. Le nom « guenilles de Thiers » revient souvent dans les recherches gourmandes, car cette cité perpétue une tradition vivace de beignets rustiques. La recette thiernoise se caractérise par l’usage quasi obligatoire de beurre salé et une forme en rectangle irrégulier, qui la distingue des bugnes stéphanoises voisines. Plusieurs blogs et sites culinaires décrivent les guenilles d’Auvergne comme un dessert emblématique, volontairement froissé pour rappeler des chiffons. Source : ChefSimon – Les guenilles d’Auvergne.

Peut‑on préparer les guenilles sans beurre fondu ni lait ?

La recette traditionnelle des guenilles ne comporte pas de lait. La pâte est liée uniquement avec les œufs, le sucre et le beurre fondu salé. Si vous souhaitez une version plus légère, vous pouvez omettre le beurre fondu et vous contenter de la pincée de sel pour le goût. Certaines variantes familiales ajoutent une cuillère à soupe de crème fraîche ou une noisette de beurre supplémentaire pour accentuer le moelleux, mais la recette de ma grand‑mère reste d’une simplicité absolue. Le secret repose avant tout sur le temps de repos et la qualité des œufs.

Pourquoi le repos de la pâte est‑il si important pour les guenilles ?

Le temps de repos de 1 à 2 heures permet au gluten de la farine de se détendre, ce qui rend la pâte plus élastique et plus facile à étaler. Cela favorise également une meilleure levée lors de la friture et évite que les guenilles ne durcissent en refroidissant. Sans ce repos, les beignets risquent d’être caoutchouteux et moins gonflés. Les grands‑mères le savent bien : une pâte reposée donne des guenilles légères et moelleuses, même sans levure de boulanger.

Comment conserver les guenilles pour qu’elles restent croustillantes ?

Les guenilles sont meilleures le jour même, tièdes. Si vous devez les conserver, placez‑les dans une boîte hermétique en intercalant une feuille de papier absorbant pour capter l’humidité. Évitez le réfrigérateur, qui les ramollirait. Au moment de les déguster, vous pouvez les passer quelques secondes au four à 150 °C ou au micro‑ondes (quelques secondes seulement) pour leur redonner un peu de croustillant. Mais le vrai secret, c’est de ne pas en laisser !

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